La Katmandou altitude

Le 24 novembre dernier à Metz, les enfants des neiges éternelles, celles des montagnes du Népal, sont devenus eux-aussi des ambassadeurs de la nécessaire transition écologique. Ils ont hérité de cette mission toute symbolique après que le jury d’un Festival international de cinéma organisé à des milliers de km de chez eux ait décidé d’accorder son grand prix – l’Aquablier d’or – à Zara Balfour et Marcus Stephenson, les deux réalisateurs d’un documentaire qui méritait absolument de figurer au sommet pour leur très émotionnelle expédition cinématographique au côté de ces jeunes himalayens.

Pour sa seconde édition, CINÉMATERRE a réussi une nouvelle fois son défi : alimenter la prise de conscience de l’opinion pour les questions environnementales par le biais du 7° art. Mais avec quelques 3 500 entrées enregistrées pendant l’événement dans les 3 salles du cinéma Klub, le Festival a fait beaucoup mieux que l’an passé au point de compter désormais parmi les plus solides et pertinents rendez-vous culturels de la Grande Région et au-delà puisqu’il a intégré le réseau européen Noé-Noah qui vise à promouvoir les actions innovantes transfrontalières en faveur de l’environnement.

Cette montée en puissance s’est illustrée par la projection en première mondiale du film « Le sentier d’Anaconda », mais aussi et en avant-première européenne par celle du long-métrage « Sea of shadows » co-financé par Léonardo Di Caprio lors de la cérémonie d’ouverture de CINÉMATERRE. Une double et excellente entrée en matière avant la diffusion, tout au long du week-end, de 30 œuvres dont 20 en lice pour décrocher l’une des 2 bourses ou l’un des 8 prix inscrits au palmarès.

Cette année, le jury présidé par le critique de cinéma allemand Klaus Eder avait hérité d’une tâche particulièrement délicate pour désigner les lauréats à l’aune d’un panel de documentaires aussi relevés en qualité et en intérêts thématiques. Klaus Eder a d’ailleurs participé à tout l’événementiel qui a occupé la semaine entière avec son programme «off», le Festival ayant souhaité cette année s’élargir dans le temps et à d’autres champs d’action pour mieux témoigner sur l’importance des enjeux écologiques.

Car l’écologie pour CINÉMATERRE, c’est d’abord répondre à un besoin de connaissances, à leur vulgarisation… Le Festival doit en grande partie son succès à la densité des débats qui ont suivi les projections, autant d’échanges étayés par la présence de 14 réalisateurs et les éclairages d’une trentaine de grands témoins issus du monde scientifique ou autre.

L’écologie à CINÉMATERRE, c’est aussi une question de partage, y compris avec ceux ou celles qui en sont éloignés par les circonstances de la vie. A ce titre, la projection d’un film aux détenus de la prison de Metz-Queuleu en présence de Klaus Eder fut une première et un grand moment dans le déroulé du festival.

L’écologie, c’est encore une affaire de générations et celles d’aujourd’hui l’ont visiblement dans la peau : la soirée du 21 novembre consacrée aux Youtubeurs a montré l’impact de cet outil de communication avec les témoignages de 5 vidéastes réputés dans ce domaine. Et comment ne pas applaudir le travail accompli par les élèves d’une dizaine de classes du primaire dans le cadre de Youth4 planet ! Leurs petites vidéos réalisées avec l’aide de leurs profs et des jeunes en service civique de l’IEE et du Club Unesco Jean Laurain de Metz ont fait sensation et salle comble le 22 novembre en matinée au Klub.

L’écologie à CINÉMATERRE, c’est enfin une équipe.

 

– Patrice COSTA

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